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La renaissance du pavillon Lescoeur

Travaux 30/06/2019

Après 40 mois de chantier, le programme Interconstruction rue Dailly sera livré cet été. Au coeur de ce programme de 76 logements, la très attendue renaissance du célèbre pavillon Lescoeur au « château du Pélican », reconstruit sous nos yeux pierre par pierre depuis des mois.
Histoire d’un challenge technique qui a redonné vie à un bâtiment historique de notre ville.

Il fallait avoir le goût du défi et la volonté de conserver un édifice remarquable de la ville pour se lancer dans ce programme, en lieu et place des bâtiments vieillissants de l’Adapt. « Le plus grand défi a été l’insertion dans le site de la colline de Saint-Cloud, ce qui supposait à la fois d’assumer les prescriptions techniques lourdes, de prendre en compte l’existence d’un bâtiment de type monuments historiques : le pavillon Lescoeur, et de construire dans un environnement dense en préservant les vues sur Paris, explique Marc Villand, président directeur général du groupe Interconstruction. J’ai rencontré l’architecte et urbaniste Thierry Melot à une période où notre groupe commençait à faire des choses de plus en plus complexes. Nous nous sommes engagés ensemble dans cette aventure qui en termes de montage a duré plus de trois ans. »

Le pavillon Lescoeur remonté pierre par pierre

Pour ce programme aux contraintes techniques très spécifiques, le groupe s’est en effet entouré d’une équipe articulée autour de Thierry Melot, architecte de conception, Vincent Bertin, architecte d’exécution chez S’pace, Christiane Schmuckle-Mollard, architecte en chef des monuments historiques, Fabien Lapierre (ACLL), et de plusieurs entreprises spécialisées qui ont contribué à la réussite de cet ouvrage singulier. « Nous avons été à l’écoute des recommandations architecturales du maire Éric Berdoati, très impliqué dans ce projet. La conservation du pavillon Lescoeur était une évidence, et aussi le souhait de la Ville avec laquelle nous avons travaillé sur le projet dans son ensemble. En revanche, c’était un problème technique important de déconstruction/reconstruction, une opération complexe que notre groupe n’avait jamais exécutée. »

Un défi technique pour une renaissance

« Pour construire en sécurité sur ce site à forte déclivité et empreint de risques géologiques importants, la seule solution était de démonter la pavillon Lescoeur pierre à pierre en stockant celles-ci pour venir le reconstruire ensuite, ce qui permettait entre-temps d’affouiller totalement la colline, de constituer un sarcophage de béton de seize mètres d’épaisseur avec ce qu’on appelle une paroi parisienne ou lutétienne* », explique l’architecte. « Cette dépose pierre à pierre, n’est pas courante, explique Christiane Schmuckle- Mollard. En regardant le pavillon Lescoeur, on pouvait voir comme un petit morceau des Tuileries, un bel exemple Napoléon III, une couleur incroyable et des sculptures, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai eu une confiance absolue dans la capacité des tailleurs de pierre et des sculpteurs qui sont intervenus. » Ainsi, la dépose pierre par pierre a commencé en avril 2016 pour une durée de trois mois. Plus de 900 pierres ont été déposées à l’aide d’une grue puis numérotées par assise, ordre de pose et orientation des façades. Ce volume de pierres de près de 850 m3 a ensuite été stocké et protégé pendant deux ans, le temps des travaux de confortation du terrain et de construction des logements neufs. Dans la phase de remontage, l’entreprise Pradeau Morin monuments historiques a installé un atelier de restauration et de préparation des pierres. Consolidation des pierres desquamées et des sculptures, liaisonnement d’éléments rompus, création d’ouvertures en pierres sculptées… au final, ce sont plus de 80 m3 de pierres qui ont été remplacés suite aux diagnostics réalisés en collaboration avec l’architecte en chef des monuments historiques.

Faire cohabiter l’histoire et la modernité

Après plusieurs échanges avec la Ville, le projet architectural général a été validé. « Nous nous sommes rapidement rendu compte avec Marc Villand qu’il fallait trouver une réponse historicisante. Il m’a fallu près de 25 tentatives différentes, et donc 25 esquisses différentes avant de parvenir à l’idée conceptuelle d’origine, à quelque chose de satisfaisant pour l’ensemble des acteurs. Le projet est conçu comme un bâtiment avec une ligne de flottaison représentée par la cour et son horizontalité : tout ce qui est en dessous est tourné vers la Seine et la modernité de la ville, tandis que le haut est dédié à l’histoire », précise Thierry Melot. Une part importante a également été donnée à la végétalisation, avec côté Seine 350 m² de façades végétalisées - soient plus de 10 000 plantes vivaces, 550 arbustes et 18 arbres.

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