De l’uniforme à la caméra : Géraud Burin

Ils font Saint Cloud 08/07/2020

Après une première carrière dans l’armée, Géraud Burin des Roziers est aujourd’hui reporter de guerre et d’aventures extrêmes pour la télévision. Rencontre avec un Clodoaldien tout eu tout flamme.

C’est à l’âge de 18 ans, quand il a fallu faire son service militaire, que Géraud Burin des Roziers a décidé de s’engager chez les chasseurs alpins : « J’avais vu un reportage à la télévision qui m’a tout de suite donné envie d’intégrer ce corps de l’armée. Très sportif, je rêvais d’une carrière physique et altruiste à la fois. » Jeune officier, il intègre donc le 27e bataillon des chasseurs alpins d’Annecy, puis prend la responsabilité d’une trentaine d’hommes. « Cette période a été marquée par un grave accident de montagne : je suis tombé d’une barre rocheuse, en plein hiver, raconte-t-il. Cette première grosse épreuve de la vie m’a endurci et a clairement développé mon instinct de survie ! » Quelques années plus tard, Géraud Burin des Roziers change son fusil d’épaule : il devient reporter pour l’ECPAD, le cinéma des armées. Pendant quatorze années, il est officier-réalisateur et parcourt le monde, caméra au poing, pour couvrir les opérations militaires ou humanitaires : guerre du Golfe, interventions dans les Balkans, tremblement de terre en Turquie… Des missions courtes ou longues, sans jamais savoir à l’avance combien de temps il quittera sa femme et ses quatre enfants.

La renaissance aux Invalides

Mais en 1994, un deuxième grave accident touche le Clodoaldien lors d’une de ses missions : un crash d’hélicoptère le laisse paraplégique. Mais, alors qu’il est soigné à l’hôpital des Invalides, il sent un jour son orteil bouger : commence alors pour ce grand sportif l’épreuve physique la plus difficile de sa vie avec des mois de rééducation et une force psychologique à entretenir. À son rétablissement, ce croyant pour qui il faut vivre sa vie et accepter les prises de risques n’a qu’une idée en tête : remonter dans un hélicoptère. C’est chose faite avec la réalisation de films comme Papa part à la guerre pour M6, où il suit son bataillon d’origine pendant la guerre d’Afghanistan, ou encore Papa s’en va en guerre pour France 2, qui donne cette fois-ci la parole à des enfants de soldats.

« Cette idée de reportage m’a été inspirée par un de mes fils qui a très mal vécu mon départ en mission : il n’en avait jamais parlé avant d’exploser un jour, explique-t-il. Ce fut un moment très difficile. »

Géraud Burin des Roziers travaille depuis quinze ans comme réalisateur pour la société Ligne de Front, de Bernard de la Villardière. À travers ses films et reportages, il recherche toujours la notion d’engagement et d’aventure humaine : les Pompiers de Paris, l'engagement humanitaire d'Action contre la faim, l'esclavage au Brésil… Pour la chaîne RMC Découverte, il signe une série de documentaires qui le plonge au coeur des dernières tribus de la planète. C’est ainsi qu’il y a quelques années il a fait la rencontre du chef amazonien Warush, qui vit dans une contrée entre l’Équateur et le Pérou.

« Il est devenu comme un frère pour moi. Il y a trois ans, je l’ai d’ailleurs invité au mariage de ma fille : une véritable expédition pour cet homme qui ne s’était jamais rendu dans la capitale de son pays. »

S’en sont suivies trois semaines de voyage à travers la France, emplies de « premières fois » : première baignade dans l’océan, balade en haute montagne… « Tout lui semblait si différent de ce qu’il connaissait… une vraie expérience. » S’il rêve d’emmener un jour sa famille à la rencontre de la tribu de Warush, Géraud Burin des Roziers a pour l’instant d’autres projets : un reportage sur le recyclage et les nouveaux modes de consommation paraîtra à la rentrée dans l’émission Zone interdite sur M6, et il attend également de partir au Mali pour un reportage sur les commandos de montagne. En attendant de nouvelles aventures, le Clodoaldien profite de sa maison près des 3 Pierrots, « une maison d’artistes construite pour l’une des maîtresses de Napoléon III, et où il se dit que Rosa Bonheur et Paul Gauguin ont vécu… » et de sa ville dont il apprécie le calme… mais aussi les côtes lui rappelant la haute montagne qu’il aime tant !

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