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Pierre Laville, le plaisir du théâtre

Ils font Saint Cloud 07/01/2020

Dans « auteur à succès », il y a certes « auteur » et « succès » mais c’est loin d’être suffisant pour présenter Pierre Laville, amoureux des mots et de la vie, féru de théâtre, de rencontres, de recherche, qui écrit, adapte et met en scène aussi bien pour des théâtres privés que pour des grandes scènes publiques. Portrait d’un homme qui éblouit par ses talents et son émerveillement sur le monde.

Après avoir enseigné à la Sorbonne, Pierre Laville rencontre Jean-Marie Serreau et devient directeur de théâtre pendant plus de dix ans à Nanterre et à Paris, puis producteur et metteur en scène. Il commence à écrire pour le théâtre en 1974. Depuis cette date, ce sont 90 pièces qu’il a écrites, adaptées ou mises en scène. Sur le mur d’un de ses bureaux de travail, dans sa maison à Saint-Cloud, les affiches colorées de ses pièces retracent des années de travail et d’immenses succès comme Un mari idéal, pièce jouée 996 fois de suite à Paris au théâtre Antoine et en tournée devant des salles combles (un million de spectateurs !), « avec notamment Annie Duperey, Dominique Sanda et Didier Sandre. Un grand bonheur de retrouver chaque soir autant d’enthousiasme. C’était jubilatoire ! » Ses bibliothèques qui réunissent des milliers d’ouvrages de théâtre soigneusement rangés, ses photos où on le retrouve aux côtés des grands noms du théâtre, racontent une passion sans limites pour l’écriture… et l’humain. « Le théâtre, c’est le temps et la mémoire, notre mémoire. C’est l’humanité, la bonté, à contre-courant d’Internet qui nous donne tout en quelques clics. » Le temps, vivre le temps présent, au théâtre comme dans la vie, avec celles ou ceux qu’il admire, avec qui il a travaillé et qui sont ses amis, comme Fanny Ardant, Pierre Arditi, Cristina Réali, Fabrice Luchini, Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Michel Vuillermoz (de la Comédie-Française) pour ne citer que quelques noms. Sans oublier ceux qui sont partis, comme Maria Casarès qui a joué dans sa première pièce, Denise Gence, Christine Fersen, Jean Poiret, Pierre Mondy ou Alain Cuny et… Barbara, à qui il destinait le rôle de Maria Callas.

De Broadway à la Comédie-Française

« Pierre Laville connaît bien le théâtre mais sa connaissance ne se borne pas à une culture de bon goût, raconte le comédien Michel Fau, il connaît le théâtre aussi parce qu’il l’a pratiqué sous toutes ses formes : le théâtre engagé et insolent, le drame historique baroque, le nouveau théâtre décapant, le boulevard burlesque onirique, le drame de société décadent, la tragédie bourgeoise métaphysique. »

Son actualité ? Elle est française et américaine ! Elle se lit avec la parution toute récente de Résistances chez Plon, un ouvrage qui réunit trois oeuvres inédites se rattachant à l’intolérance, chacune autour d’un personnage historique : Sophie Tolstoï, Voltaire et Marie Bell, conduite à collaborer avec les nazis pour mieux éprouver dans l’honneur un pacte secret. Et elle se joue avec Baby Doll créée partout aux États-Unis, et enfin par l’adaptation d’Angels in America, d’après Tony Kushner, mise en scène par Arnaud Desplechin, qui sera l’événement de la saison à partir du 18 janvier sur l’illustre scène de la Comédie-Française : sa huitième collaboration avec la Maison de Molière. L’un de nos auteurs les plus français est aussi le plus grand adaptateur de pièces anglo-saxonnes en France, c’est tout le paradoxe de cet homme de théâtre insatiable !

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